On a passé plusieurs commandes sur Sellpy ces derniers mois, en cherchant à la fois des pièces de marques et des basiques à petit prix. Le constat est net : la plateforme a des atouts réels pour l’achat d’occasion, mais quelques zones d’ombre méritent qu’on s’y attarde avant de valider son panier.
Photos et descriptions sur Sellpy : ce que l’on voit n’est pas toujours ce que l’on reçoit
Le premier réflexe quand on achète de la seconde main en ligne, c’est de scruter les photos. Sur Sellpy, chaque article est photographié par l’équipe interne, ce qui donne un rendu homogène et plutôt propre. Le problème, c’est que cette homogénéité lisse aussi les défauts.
Plusieurs avis sur l’App Store et Trustpilot signalent un décalage entre les photos et l’état réel de l’article reçu. Sur les vêtements foncés, notamment le noir, les détails de matière et d’usure sont quasi invisibles sur les clichés. Un utilisateur de l’App Store suggère d’ailleurs à Sellpy d’ajouter des photos rapprochées des textures, un point que la plateforme reconnaît travailler.
Côté tailles, la mention « taille indiquée sur l’étiquette » ne suffit pas toujours. Un polo affiché en taille M peut tailler petit selon la marque d’origine, et Sellpy ne fournit pas systématiquement les mesures réelles. On recommande de toujours vérifier le guide de taille de la marque avant de commander.
Le risque contrefaçon
Un avis Trustpilot récent mentionne la réception de contrefaçons achetées sur la plateforme. Sellpy ne propose pas d’authentification par un tiers certifié pour les articles de luxe, contrairement à certaines plateformes spécialisées. Pour des pièces au-delà d’un certain montant, mieux vaut privilégier un site avec contrôle d’authenticité dédié.

Frais de livraison et retour : le vrai coût d’un achat sur Sellpy
Le prix affiché sur une fiche article ne reflète pas le coût final. Les frais de livraison via Colissimo sont régulièrement qualifiés de « chers » dans les retours utilisateurs. Pour un achat unique d’une pièce à petit prix, ces frais peuvent représenter une part significative du total.
La stratégie la plus rentable consiste à grouper ses achats. Sellpy permet d’ajouter plusieurs articles au panier et de mutualiser les frais d’expédition. En pratique, on obtient un meilleur rapport qualité-prix en commandant trois ou quatre pièces à la fois plutôt qu’un article isolé.
- Vérifier le seuil de livraison gratuite (quand il existe) avant de finaliser le panier
- Grouper les articles pour amortir les frais de port sur chaque pièce
- Comparer le prix total (article + livraison) avec le même vêtement sur Vinted ou d’autres plateformes de seconde main
Sur la question des retours, les avis divergent. Certains acheteurs signalent un processus fluide, d’autres mentionnent des délais longs. Les retours varient sur ce point, et il vaut mieux consulter la politique de retour en vigueur au moment de la commande.
Sellpy face à Vinted et aux autres plateformes de mode d’occasion
La comparaison avec Vinted revient systématiquement. Les deux plateformes ciblent le même marché, la vente de vêtements et objets d’occasion, mais le fonctionnement diffère radicalement.
Sur Vinted, on achète à un particulier qui décrit et photographie son article. Sur Sellpy, c’est la plateforme qui gère tout : tri, photo, mise en ligne, expédition. Pour l’acheteur, cela signifie moins de négociation et un niveau de présentation standardisé. Le revers, c’est l’absence de contact direct avec le vendeur pour poser des questions précises sur l’état ou les mesures.
Un catalogue large mais peu filtrable
Sellpy propose des vêtements, accessoires, objets pour la maison et même du multimédia. Le volume de pièces disponibles est considérable. En revanche, les filtres de recherche manquent de finesse. Impossible, par exemple, de chercher par style vestimentaire (classique, streetwear, minimaliste) comme on le ferait sur Instagram ou sur des plateformes de créateurs.
Ce manque de filtres pénalise surtout les acheteurs qui cherchent des pièces spécifiques de marques moins connues. Pour les grandes marques, la recherche par nom fonctionne correctement et permet de dénicher des articles à prix réduit par rapport au neuf.

Le modèle économique de Sellpy : ce que ça change pour l’acheteur
Sellpy appartient majoritairement à H&M, qui détient environ 80 % du capital. La plateforme a franchi récemment la barre des deux milliards de couronnes suédoises de chiffre d’affaires, mais reste déficitaire. Pour financer sa croissance, Sellpy a eu recours fin 2024 à un prêt de H&M destiné à accroître sa capacité de stockage, puis à plusieurs augmentations de capital en 2025.
Ce que ça implique concrètement : Sellpy investit massivement dans le volume plutôt que dans la marge. Le catalogue grossit vite, avec l’ouverture de filiales en Pologne et en Roumanie en 2025, mais la qualité du tri et des descriptions ne suit pas toujours le rythme.
Pour l’acheteur, un modèle en phase de scaling agressif signifie des prix souvent attractifs sur les articles courants. Les réductions peuvent atteindre des niveaux très intéressants par rapport au prix neuf. En contrepartie, le service client peut être débordé et les délais de traitement plus longs en période de forte activité.
Quand Sellpy vaut le coup et quand passer son chemin
Sellpy fonctionne bien pour un usage précis : acheter des vêtements de marques connues, en bon état, à prix réduit, en groupant ses commandes pour limiter les frais de port. Le catalogue est suffisamment large pour y trouver des pièces intéressantes, surtout si on accepte de passer du temps à chercher.
- Achats pertinents : basiques de marques (pulls, jeans, chemises) dont on connaît déjà sa taille
- Achats risqués : articles de luxe sans authentification, vêtements noirs dont on ne voit pas l’usure sur photo, pièces de créateurs peu référencés
- Alternative recommandée : Vinted pour les petits budgets avec possibilité de négocier, plateformes spécialisées pour le luxe d’occasion
La note de 3,7 sur 5 sur Trustpilot comme sur l’App Store résume assez bien la situation. Sellpy n’est ni une arnaque ni une référence absolue de la seconde main. C’est un outil efficace à condition de savoir ce qu’on y cherche, de vérifier les tailles en amont et de ne pas s’attendre à un service artisanal sur une plateforme industrielle.

